Phénix communauté

partage d'exotismes > édito 2012-2013

Je conçois autre, et aussitôt le spectacle est savoureux. Tout l’exotisme est là.
Victor Segalen, Essai sur l’exotisme, 1955

Comment devenir un spectateur émancipé ? Libéré du portable, du repli sur soi, des certitudes, du formatage de l’imaginaire et des mass media. Un art d’être un peu plus soi avec ce qui nous est un peu plus autre. Cette saison, nous vous embarquons à destination de l’étranger. Du plus proche au plus lointain. Le beau navire rouge qu’est le phénix scène nationale Valenciennes prend son rythme de croisière, avec un équipage à vos petits soins.

Cette échappée belle accueillera sur le pont un fougueux campus des arts, avec plusieurs créations élaborées sur nos plateaux, dont certaines accosteront sur des terres hospitalières.

Théâtre, danse, musiques, cirque, jeune public, vous retrouverez de grands rendez-vous avec les auteurs et artistes d’aujourd’hui. Et comme l’amour de l’art commence en famille, nous avons choisi de belles propositions à partager. Et n’oubliez pas notre crèche ouverte tous les soirs de spectacle.

Avec les Cabarets de curiosités, nous nous ferons un plaisir de défricher des terres inconnues. Cette édition sera dédiée à l’émergence de la jeune création à l’ère du numérique, avec de nouvelles écritures à la croisée des arts vivants, de la performance et de la littérature. Ce bourgeonnement, nous le cultiverons dans cet opus intitulé Springbreak-L’éveil du printemps.

De plain-pied dans l’actualité, nous avons aussi partagé avec vous une réflexion sur la crise avec un cycle de rencontres intitulé Le retour au réel. Que se joue-t-il entre la spéculation, le désir et la réalité ? Quelle est l’économie réelle de notre rapport au monde ?

Nous vous invitons également à être un peu plus que de simples spectateurs. Avec les Ateliers nomades, vous pourrez vous immerger dans l’invention d’une oeuvre, en participant en amont à des aventures artistiques uniques. C’est aussi une excellente manière de rencontrer d’autres participants, notamment au sein de l’association des Amis du phénix récemment créée et qui nous accompagne dans cette initiative.

Ce voyage est possible grâce au soutien de nos partenaires publics, du Club Phénix entrepreneurs et de nos partenaires culturels et sociaux. Et un voyage n’est rien sans voyageurs, alors embarquez avec nous.

Romaric Daurier, directeur et l’équipe du phénix

expériences en partage > édito 2011-2012

Il faudrait commencer par un simple «merci !». Vous avez été (très) nombreux à vivre avec nous une première saison augurale, riche en aventures partagées.
Car au-delà des discours et des idées reçues – et c’est un credo partagé –, l’art peut être vécu comme une expérience… Comme nager pour la première fois, partager un premier baiser ou faire du vélo sans roulettes… en écho avec cette belle phrase de l’historien d’art Louis Marin : «Il se trouve en effet que, loin de céder aux vertiges de la théorie, de jouer ou de rejouer abstraitement l’instance fondatrice de l’œuvre d’art dans sa pure virtualité critique, d’autres ont choisi la voie empirique, celle de l’expérience, ou mieux encore de l’expérimentation.»*

En vous invitant à prendre part au «temps des amateurs», nous vous proposons, avec les ateliers nomades, un partage par la pratique d’expériences artistiques et humaines inédites. Théâtre, musique, danse, cirque, marionnettes, arts visuels, les formes sont bousculées. On peut entrevoir deux mouvements de fond sur la scène artistique : le premier tend à effacer les genres sous l’impulsion des processus de performativité, d’hybridation et de multimédia. L’itinéraire de Christophe Huysman, artiste associé, qui revient par la danse cette année, est exemplaire de ce métissage. Le second tend à abolir la frontière entre l’art et le «non-art», à la fois sous l’impulsion d’un phénomène d’esthétisation et de théâtralisation d’autres champs culturels (politique, médias, sport, quotidien, etc…) et de la nécessaire présence des cultures non-occidentales. Nous poursuivons le dialogue avec les cultures du monde, du Brésil au Vietnam en passant par le Maghreb. Le compagnonnage avec Jean-Christophe Frisch et le Baroque Nomade, les partenariats avec Europalia et le festival Next sont également des fenêtres sur une Europe ouverte.

Nous nous attachons aussi à l’actualité et aux mutations exponentielles du monde contemporain via les cabarets de curiosités, qui abordent cette année de grands thèmes – la science-fiction et le rapport intime/collectif – en rassemblant plusieurs démarches de création. En écho à la programmation, nous poursuivons un cycle de rencontres sur la pensée contemporaine : université populaire de l’Oulipo, histoire singulière du théâtre, fiction contemporaine et expériences les plus audacieuses de la création numérique avec la Gaîté Lyrique. Cette belle histoire que nous partageons ensemble ne pourrait pas s’écrire sans le soutien et l’investissement des partenaires publics et du club phénix entrepreneurs, des partenaires culturels régionaux, nationaux et transfrontaliers. Nous vous souhaitons une belle saison et vous invitons donc au partage des expériences…

* Louis Marin, Jean-Charles Blais, Du figurable en peinture, Blusson, 1989, p.11.

Romaric Daurier, directeur
et l’équipe du phénix

l'emploi du temps > édito 2010-2011

«Mon capital, c’est l’emploi de mon temps», confia Marcel Duchamp lorsqu’on lui demanda si l’économie de son art n’était pas trop difficile en ce moment.

Temps de la recherche, temps de voir, temps de croire… À l’heure où les images et les sons, les informations et les décisions, l’argent et les populations tourbillonnent à la vitesse du réseau mondial, quoi de plus libre aujourd’hui que de s’arrêter une heure trente, d’entrer dans un théâtre, d’éteindre son portable, de voir la lumière s’éteindre, de relâcher ses muscles et d’ouvrir ses sens ?

Cette saison est la première que je propose pour le Phénix scène nationale. Elle a été pensée sous le signe de l’ouverture et de l’innovation.

C’est l’ouverture à tous les genres artistiques avec une programmation de Grands rendez-vous en grande salle conviant auteurs, metteurs en scène, compositeurs, chorégraphes et interprètes qui inventent une œuvre singulière et remarquable. C’est l’ouverture au monde et à la diversité de ses cultures avec une invitation au voyage et à l’échange. C’est l’ouverture aux enfants et à la jeunesse avec un parcours Loustixs pour le jeune public et les familles.

C’est aussi l’ouverture au plaisir de partager un temps convivial ensemble, notamment avec les concerts de l’avant-scène. C’est l’ouverture aux idées avec le nouveau cycle des Rencontres en écho à la saison. C’est enfin l’ouverture au territoire, nourri par de nombreuses complicités avec les partenaires culturels, qui ont accueilli chaleureusement nos démarches.

L’innovation, c’est l’accompagnement de la création émergente et actuelle lors des Cabarets de curiosités, qui permettront un travail de temps partagé et d’ateliers avec l’enseignement supérieur et les filières numériques pour fertiliser la créativité locale. L’innovation, c’est aussi le travail artistique et participatif des Ateliers nomades avec les habitants, permettant d’inventer de nouvelles modalités de cohésion sociale et de pratiques artistiques. L’innovation, c’est enfin le renouveau des usages pour faciliter votre accès aux spectacles  : nous proposons dès septembre une mensualisation de l’abonnement, un service de crèche et la mise en place d’une communauté sur internet.

Alors prenez votre temps, rejoignez-nous, prouvons ensemble que l’art vivant a de l’avenir !

Romaric Daurier, directeur